L’HISTOIRE DE MON BABY BLUES

Comme beaucoup de maman j’ai eu le baby blues quelques heures après mon accouchement et vous savez quoi ? Et bien, il faut arrêter de croire que c’est un sujet tabou car au final énormément de femmes en souffre. J’ai entendu pas mal de discours par rapport à ce sujet pendant ma grossesse, on m’avait prévenue que ça pouvait m’arriver, mais je ne m’attendais pas à vivre les montagnes russes concernant mes émotions. J’ai entendu cette phrase un peu bizarre qu’on nous répète : « C’est normal, c’est la chute hormonal, ça va passer » Mais à vrai dire, je ne pense pas que ce soit qu’une question d’hormone… Je vais être spontanée et vous dire réellement ce que j’en pense et comment je l’ai vécu. Car oui, j’ai eu le baby blues, ça a duré bien 3 semaines, mais je vous rassure, je vais très bien et me sent vraiment mieux !

Il ne faut pas oublier qu’on vit 9 mois avec un être qui grandit en nous, à qui on parle, qu’on touche à travers notre ventre, qui nous accompagne partout, qui ressens toutes nos émotions. On est deux dans un même corps, on s’apprivoise, on apprend à se connaître un petit peu pendant ce laps de temps. Et puis, le moment tant attendu est enfin arrivé. La naissance de notre enfant. Ce moment où on commence à sentir ses douleurs que l’on acceptent car c’est grâce à elles que notre futur bébé va pointer le bout de son nez, on vit un travail plus ou moins longs en fonction des personnes. Pour le coup de mon côté, ce fût très long et compliqué. On donne tout pendant ces longues heures de travail, on patiente, on vit les derniers moments raccordés ensemble, jusqu’au moment où on entend son premier cris et ça y est… Notre enfant est né. Mais chaque naissance est unique, et celle de ma fille a été dure à accepter pour moi. Car malheureusement j’ai pris la césarienne comme un échec. Oui c’est dure à lire ça n’est-ce pas ? Mais ça a été mon ressenti. C’est frustrant d’être attaché et de ne pas pouvoir toucher son enfant avec les mains ou le sentir traverser le tunnel pour trouver le chemin. Et non, c’est l’équipe médical qui l’a fait pour elle, pour nous et bien évidemment je les remercies énormément. Mais j’ai mal fais mon travail, je n’ai pas été capable de faire les choses « normalement » Voilà la penser qui m’a traverser l’esprit. Pour moi, j’ai échoué.

Et puis, heureusement on retrouve son enfant quoi qu’il arrive, quelques temps plus tard. On peut le prendre contre soi, faire du peau à peau, faire des photos, faire des câlins, profiter à trois et réaliser la première tétée… Enfin, on retourne en chambre à trois et notre nouvelle vie commence.

A peine arrivée, j’ai eu le droit à je ne sais combien de soin, car une maman césarisée ça a une perfusion, une sonde urinaire et ça ne peut pas marcher tout de suite. Quelle horreur, je ne m’attendais pas à ça. On m’a demandé de dormir ou d’essayer de me reposer, mais malheureusement c’est une nuit blanche qui m’a accompagné. Heureusement mon homme était près de moi et j’ai envie de dire : Ouf ! Le lendemain vient les soins de bébé et malheureusement je ne peux toujours rien faire, le seul qui peut s’occuper de ma fille est mon homme. Là je craque, je pleure énormément. Le contre-coup ? La chute d’hormones c’est ça ? Non, je pense plutôt que c’est de la colère et beaucoup de tristesse qui m’envahie. Car moi aussi je veux me lever, moi aussi je veux réaliser ses premiers soins, être présente pour ma fille pour les premiers moments de sa vie, mais je n’ai pas eu la force, ni le choix. La seule chose que j’arrivais à faire c’est lui donner le sein et encore, je demandais à mon homme de la prendre dans son berceau car encore une fois, une maman césarisée n’arrive plus à forcer sur ses abdos… Les larmes coulent à flot, mes pensées se bousculent : « Je ne sers à rien, je suis incapable de faire quoi que ce soit, je me sens tellement inutile et mise de côté » Voilà ce que j’ai ressenti : J’ai l’impression qu’on m’a volé mon accouchement et qu’à cause de ça, je n’arriverai pas à être une bonne mère. Mais vous avez raison, c’est horrible de penser ça, mais malheureusement dans ces moments-là on a plus du tout le contrôle sur nos émotions. On se laisse toujours emporter par des émotions négatives qu’on le veuille ou non.

Il faut aussi savoir que quand je regardais mon ventre vide, je me sentais mal et seule. J’avais ma fille a côté de moi, mais plus à l’intérieur de moi. je caressais mon ventre car j’avais pris l’habitude de communiquer ainsi avec ma fille, mais plus personne ne pouvait répondre, ces mouvements me manquent… Et encore aujourd’hui, ça me manque encore parfois. J’ai aimé ce lien, cette sensation.

5 jours plus tard, on rentre à la maison. J’ai peur et en même temps j’ai hâte. Mais est-ce que je vais y arriver ? Est-ce que l’allaitement va vraiment marcher ? Est-ce que je suis réellement capable de rentrer et de m’en occuper comme une « maman » ? Tout devient flou et tout n’est que doute. En plus, j’ai mal quand je marche, j’ai pas beaucoup de force, je me sens épuisée. Satanée césarienne ! C’est affreux. Je traverse ma porte d’entrée et je me suis sentie perdue. Assise sur ce canapé, je réalise que désormais il va falloir tout donner pour que ma fille ne manque de rien. Je me mets la pression toute seule, c’est du n’importe quoi. Mais dieux merci, avec mon homme on a su très vite trouver nos repères, on a gérer au mieux, on a réussi à communiquer et à se dire les choses même quand j’étais en crise à cause de mon baby blues et merci à lui d’être aussi patient. Les premiers temps n’ont pas été évident à cause de ma cicatrice, je n’osais même pas la regarder. J’ai mis du temps à accepter et apprendre à l’apprécier. Porter des charges lourdes c’était interdit, faire les 100 pas étaient difficile, rigoler c’est douloureux… Dormir sur les côtés et sur le ventre ce n’était pas pour tout de suite. Les images de mon accouchement ont étaient très souvent dans mes pensées jusqu’à ce qu’elles disparaissent d’elles-mêmes. Quelques semaines plus tard, ce qui veut dire : aujourd’hui ; je vais mieux ! J’ai appris à prendre confiance en moi, a me prouver que je serais une bonne mère, même si effectivement je ne suis pas parfaite. J’ai accepté le fait de devoir prendre le temps de faire les choses car j’ai quand même vécu une opération et ce n’est pas grave. Je vois bien que le rythme se mets naturellement en place et que désormais je reprends doucement mes petites habitudes. Je peux enfin prendre soin de ma fille au maximum sans être limité à cause de mes douleurs. Je suis si heureuse à l’heure que je vous écris, tellement que j’en ai presque oublié tout ce que je viens de vous conter.

Alors voilà ce que j’ai à dire à monsieur Baby Blues :

« Baby Blues bonjour, apparemment tu apparais quelques jours après l’accouchement, mais avec moi tu es arrivé très vite. Tu as voulu me rencontrer et bêtement j’ai fais un bout de chemin en ta compagnie. Nous sommes devenus très proche je te l’accorde, mais je ne voulais pas que tu sois si dure avec moi. Tu m’as fait penser des choses horribles, tu m’as fait culpabiliser, tu m’as fait croire que je n’y arriverais pas. Tu m’as mise en colère plusieurs fois. Tu m’as fait perdre mes mots et tu m’as crées des maux. Tu m’as mis le doute, j’ai perdu confiance en moi et tu m’as bien soûler en fait… Tu m’as aussi mis la pression concernant mes choix tellement que je me remettais en question de savoir si j’avais pris la bonne décision. Tu m’as rendu différente, tu m’as volé mes sourires et ma joie. Tu m’as fait stresser et par moment je me sentais humiliée. Mais qu’est-ce que c’est que ça ? Heureusement il y a quelques temps j’ai brisé notre union et je t’ai demandé de dégagé ! Je n’avais pas besoin de toi en fait, au contraire. Je me sens bien mieux et j’espère que tu n’iras pas embêter d’autres futures mamans, car elles n’ont pas besoin de toi, non plus. Tu n’es pas l’ami idéal, et tu devrais même pas exister. Enfin bon, après tout, j’ai quand même envie de te remercier. Car franchement, tu m’as fait me rendre compte que ma fille est la plus belle chose qui est pu m’arriver et je suis fière de moi. Sache qu’elle est ma force. Grâce à elle, je t’ai dégommé ! Tu ne reviendras plus jamais et tant mieux ! Le bonheur à pris le relais et tu sais quoi, il est bien plus agréable et plus sympathique que toi ! Grâce à lui, j’ai pu retrouver la personne que j’étais et en mieux ! Il m’accompagne gentiment, à mon rythme et me valorise. Alors je n’ai plus qu’une chose à te dire : Salut baby blues, emporte avec toi ta dépression et n’oublies pas tes hormones. Tendrement »


11 réponses à “L’HISTOIRE DE MON BABY BLUES”

  1. Je te remercie pour nous avoir raconté ton expérience. Mon baby blues est arrivé assez tardivement, soit parce que que j’étais dans le déni complet que cela puisse m’arriver, soit parce que m’a vie post accouchement roulait à un rythme de folie.
    J’ai vécu cet chamboulement emotionnel est arrivé plus d’un an après quand j’ai réussi à avouer mes nouveaux états d’esprits que j’avais brutalement étouffé jusqu’à là. Et boom ! Mon corps et ma tête on dit stop !
    Aujourd’hui ma princesse à presque 4 ans et cela ne reste qu’un souvenir que je chéri tout de même car m’a permis une analyse personnel que je n’aurais jamais fait autrement !

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    • Merci à toi d’avoir pris le temps de lire mon témoignage.
      Je ne savais pas que le baby Blues pouvait arriver si tard, comme ça quoi chaque personne est différente et je pense aussi que c’est en fonction de chaque vécu. C’est un acsenceur émotionnel mais le plus important est de ne pas en souffrir seul et d’en parler.
      Je suis contente qu’au jour d’aujourd’hui tout va bien pour toi et que ça t’est apporté du positif. 🤗

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      • En effet, je pense que mon baby-blues était commencé bien avant, mais je l’ai étouffé. Au travail j’avais eu une belle promotion en rentrant de congé maternité et j’étais complètement prise par la carrière jusqu’à quand.. et bien j’ai explosé !
        C’est absolument très jute ce que tu dis par rapport au fait d’en parler. Cela semble si difficile quand on voit autour de nous que des mamans exemplaires…. mais en réalité chacune d’entre nous vit des émotions fortes en contrastes.
        Mais il faut dire que le petit sourire malin de nos princes et princesses fait oublier beaucoup de choses ! 😉

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      • Et oui, je pense que l’accumulation de pleins de choses fait que tu as fini par saturer et c’est humain.
        Effectivement, les réseaux nous font croire que certaines femmes sont parfaites, qu’elles ne rencontre aucune complication alors que nous savons que nous vivons tous nos moments de doutes. Mais oui, nos enfants nous font tout oublier, instantanément 🥰

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  2. Hello, j’ai eu aussi des coups de mou mais dans l’ensemble ça é été ! la peur, le stress, la fatigue tout cumulé c’est parfois difficile ! C’est important d’être bien entouré et de communiquer. Comme toi le fait d’écrire m’a apaisé, de mettre des mots sur les maux c’est parfois utile et salvateur ! gros bisous

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  3. Je n’ai pas d’enfant encore mais lire ce genre de témoignage est rassurant car si cela m’arrive je saurai que ce n’est pas grave 🙂
    Profite bien de ta fille et de ta famille ❤️

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  4. Meili dit :

    je n’ai pas connu le baby blues, mais j’avoue que ça doit être pénible, et puis tu dois être très occupée maintenant pour justement ne plus y penser ! biz

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